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Donald Trump se plaît à ridiculiser Emmanuel Macron, dont le style flamboyant contraste avec la sobriété d’autres dirigeants européens. Pour Trump, issu du monde des affaires, les relations internationales relèvent d’une hiérarchie brutale où il se positionne en patron. Macron, lui, ne peut pas riposter sans risquer d’isoler la France diplomatiquement. Piégé dans une posture diplomatique classique face à un adversaire qui joue hors des règles, le président français devient une cible idéale du théâtre trumpien.

La Révolution française de 1789 a fondé les idéaux modernes de liberté, égalité et souveraineté populaire, mais elle a aussi introduit des dérives toujours visibles en Europe aujourd’hui. Le culte du peuple, la méfiance envers les élites et les élans de radicalité nourrissent des populismes contemporains qui rappellent les excès de 1793. L’Europe, héritière de cet imaginaire révolutionnaire, oscille entre démocratie et désordre, liberté et confusion, participation et violence symbolique. Il est temps de relire 1789 non comme un modèle sacré, mais comme une leçon politique à manier avec lucidité.

Les États-Unis détournent des systèmes de défense initialement destinés à l’Ukraine pour les envoyer en Israël, invoquant la nécessité de protéger les soldats et actifs américains face à la menace iranienne et ses alliés. Ce réajustement révèle les limites des capacités industrielles américaines, la priorité donnée à l’agenda stratégique proche-oriental, et le poids de la politique intérieure à Washington. À Kiev, cette décision fragilise la défense anti-aérienne face aux drones russes. L’Europe, quant à elle, assiste impuissante, confrontée à sa propre dépendance militaire. Ce revirement stratégique profite à Moscou et met en question la fiabilité à long terme du soutien occidental à l’Ukraine.

L’Allemagne et la France ont montré que la justice universelle peut fonctionner, en jugeant des criminels de guerre syriens, irakiens ou rwandais, même pour des crimes commis hors de leur territoire. Pourtant, cette justice reste incomplète : la Cour pénale internationale peine à agir face à des figures comme Bachar el-Assad, toujours protégé par la Russie. Le principe de compétence universelle existe, mais son application dépend encore trop des rapports de force géopolitiques. La justice internationale avance, mais reste inégalitaire et partielle.

La guerre entre l’Iran et Israël ne sert ni le peuple iranien, ni le peuple israélien, ni l’humanité tout entière. Elle reflète l’échec d’élites politiques coupées des réalités, l’impuissance des grandes puissances, et l’incapacité de notre époque à proposer d’autres formes de puissance que la violence. Ce conflit sans projet doit nous pousser à repenser la diplomatie mondiale, à écouter les sociétés civiles, et à bâtir une solidarité fondée sur la dignité humaine.

Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan ont lancé un appel conjoint à la cessation immédiate des hostilités entre Israël et l’Iran. Cette prise de position marque une rare convergence entre Moscou et Ankara, deux puissances souvent rivales mais unies ici par leur volonté de désescalade au Moyen-Orient. Tandis que l’Occident paraît affaibli ou silencieux, cet appel souligne le rôle croissant des régimes autoritaires dans la diplomatie internationale, au moment où l’ordre mondial vacille.