Dassault Aviation, la trajectoire maîtrisée d’un fleuron discret
Il est des succès industriels qui ne s’annoncent jamais avec fracas, mais se lisent dans la constance des chiffres et la sobriété des communiqués. Dassault Aviation appartient à cette catégorie rare. En 2025, le constructeur français fera mieux que prévu. Sans emphase, mais avec méthode.
Mercredi soir, le groupe a annoncé une révision à la hausse de ses perspectives de chiffre d’affaires. Désormais, Dassault Aviation anticipe des ventes « au-dessus de 7 milliards d’euros », contre 6,5 milliards initialement attendus. Une progression notable, dans un contexte industriel pourtant marqué par des tensions sur les chaînes d’approvisionnement et une concurrence internationale toujours plus vive. En 2024, le groupe avait réalisé 6,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires.
L’origine précise de ce surcroît d’activité sera détaillée lors de la publication des résultats financiers annuels, le 4 mars prochain. Mais les premiers éléments fournis permettent déjà de dessiner les contours d’une année solide, tant sur le plan industriel que commercial.
Côté production, Dassault Aviation a livré en 2025 vingt-six avions de combat Rafale, soit un appareil de plus que prévu et cinq de plus qu’en 2024. Une performance qui confirme la montée en cadence progressive du programme, devenu central dans la stratégie industrielle du groupe. Sur ces vingt-six appareils, quinze ont été remis à des clients internationaux, tandis que onze ont rejoint les rangs des armées françaises. Une répartition qui illustre l’équilibre délicat entre souveraineté nationale et ambitions exportatrices.
Le tableau est plus nuancé du côté de l’aviation d’affaires. Le constructeur a livré trente-sept jets Falcon, en deçà des quarante initialement anticipés. Le chiffre n’en demeure pas moins en hausse par rapport à 2024, avec six appareils supplémentaires livrés sur un an. Un signal modeste mais encourageant dans un segment sensible aux cycles économiques et aux arbitrages des grandes fortunes.
Sur le terrain commercial, Dassault Aviation a enregistré des commandes portant sur vingt-six Rafale à l’export, contre trente l’année précédente. Un léger tassement, sans doute conjoncturel, compensé par une amélioration notable du côté des Falcon, avec trente-et-un jets d’affaires commandés, contre vingt-six en 2024.
Résultat : un carnet de commandes qui reste impressionnant. À fin décembre, Dassault Aviation comptait deux cent vingt Rafale à produire — dont cent soixante-quinze pour l’export et quarante-cinq pour la France — ainsi que soixante-treize Falcon. De quoi assurer plusieurs années de visibilité industrielle, luxe devenu rare dans l’industrie aéronautique.
Dans un secteur où les effets d’annonce sont souvent aussi stratégiques que les performances réelles, Dassault Aviation continue d’avancer à contre-courant, fidèle à une culture de discrétion et d’exigence. Une trajectoire sans éclat tapageur, mais remarquablement maîtrisée. Et, à bien des égards, une singularité française.
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