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La récente vague de suicides dans le monde politique, du ministre russe des Transports à un député français, révèle une faille profonde dans notre rapport au pouvoir : l’oubli de la santé mentale. Sous pression constante, isolés et soumis à une exigence d’infaillibilité, de nombreux responsables politiques souffrent en silence. Ces tragédies appellent à repenser l’accompagnement psychologique dans les institutions, et à reconnaître que la vulnérabilité n’est pas une faiblesse, mais une réalité humaine — même au sommet.

Face à la montée du révisionnisme russe et au repli américain porté par le mouvement MAGA, l’Europe se retrouve seule à défendre l’ordre international. Alors que la force tend à remplacer le droit comme principe structurant des relations internationales, l’heure est venue pour l’Europe de devenir une véritable puissance stratégique. Riche, instruite, mais hésitante, elle doit surmonter sa crise démocratique et assumer un rôle historique : protéger ses valeurs, ses frontières et sa souveraineté, sans attendre que d’autres décident à sa place.

La Russie renforce sa présence en Afrique à travers une stratégie opportuniste mêlant soutien militaire (notamment via Wagner), accords miniers et discours anti-occidental. Profitant du recul de l’Occident, Moscou cherche à étendre son influence géopolitique à moindre coût, en s’implantant dans des pays fragiles comme le Mali, la Centrafrique ou le Soudan. Cette “Russafrique” n’est pas un empire colonial mais un levier tactique, où l’Afrique devient l’arène silencieuse des ambitions russes face à l’Occident — sans que les Africains aient réellement voix au chapitre.

Face aux tensions mondiales, l’Europe doit-elle craindre davantage la Russie ou l’Iran ? La Russie représente une menace militaire directe, avec sa guerre en Ukraine et ses ambitions impériales. L’Iran, plus discret mais tout aussi dangereux, agit par influence, proxies et stratégie nucléaire. Tandis que Moscou frappe frontalement, Téhéran infiltre et patiente. Leur alliance renforce leur pouvoir de nuisance. Mais le vrai danger pour l’Europe réside peut-être dans son propre manque de clarté stratégique et de volonté de puissance.

En visite à La Haye, Volodymyr Zelensky a remercié l’Europe pour son soutien à l’Ukraine, alors que la guerre entre dans une phase critique. Face au manque d’armes et à un déficit de 40 % du financement militaire, l’Ukraine s’inquiète : les États-Unis, sous influence de Trump, n’ont annoncé aucune nouvelle aide depuis janvier. L’Europe, désormais premier contributeur avec 72 milliards d’euros, porte l’effort de guerre, menée surtout par le Royaume-Uni et les pays nordiques. Mais le temps joue pour la Russie. L’été s’annonce décisif, dans une guerre d’usure où l’Ukraine lutte pour survivre.

En 2025, la croissance russe chute brutalement à 1,5 % contre 4,1 % l’an dernier, signe d’un ralentissement préoccupant. Les investissements directs étrangers s’effondrent de 62,8 %, révélant une perte de confiance globale. Pour tenter d’inverser la tendance, Vladimir Poutine impose désormais que tout investissement étranger majeur passe par son autorisation personnelle. Cette centralisation inquiète les milieux économiques, qui redoutent un durcissement autoritaire au détriment de l’attractivité du pays. La Russie cherche des capitaux, mais offre l’incertitude.

Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan ont lancé un appel conjoint à la cessation immédiate des hostilités entre Israël et l’Iran. Cette prise de position marque une rare convergence entre Moscou et Ankara, deux puissances souvent rivales mais unies ici par leur volonté de désescalade au Moyen-Orient. Tandis que l’Occident paraît affaibli ou silencieux, cet appel souligne le rôle croissant des régimes autoritaires dans la diplomatie internationale, au moment où l’ordre mondial vacille.

La Russie aurait perdu plus d’un million de soldats depuis le début de la guerre en Ukraine, un chiffre tragique qui révèle l’impasse d’un conflit d’attrition mené au mépris des vies humaines. Tandis que le Kremlin dissimule ces pertes, le pays sacrifie sa jeunesse, notamment ses minorités. En face, l’Ukraine tient, malgré l’épuisement. Cette guerre expose une Russie fragilisée, sans horizon, et une Europe spectatrice, solidaire mais impuissante, qui redécouvre la brutalité de l’Histoire.

La Russie renforce sa présence en Afrique en combinant influence militaire (via le groupe Wagner), diplomatie classique et discours anticolonial. Le Kremlin se présente comme une alternative à l’Occident, séduisant certains régimes par sa discrétion et son absence de conditionnalité démocratique. Mais derrière ce partenariat se cachent des intérêts stratégiques : exploitation des ressources, soutien aux pouvoirs autoritaires, guerre d’influence médiatique. Si l’Afrique redevient un terrain de jeu des grandes puissances, elle doit garder sa vigilance face à ce nouveau “tsar noir” et ses promesses ambiguës.