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Les grandes écoles de commerce servent moins à apprendre qu’à s’assurer un avenir socialement stable et bien rémunéré. Elles offrent un entre-soi valorisé, un réseau, une promesse de respectabilité plus qu’une formation intellectuelle profonde. Derrière le vernis du mérite, elles reproduisent les élites avec élégance, formant des profils lisses, adaptés au marché, mais rarement subversifs.

Winston Churchill a eu un impact moral et symbolique sur l’Europe d’après-guerre, en appelant dès 1946 à la création des « États-Unis d’Europe ». S’il ne souhaitait pas que le Royaume-Uni en fasse pleinement partie, il a contribué à forger une vision de paix, de réconciliation et d’unité. Son héritage reste paradoxal : plus inspirateur qu’architecte de l’Europe, il incarne une voix historique, lucide et ambivalente, qui continue d’influencer l’imaginaire politique européen.

Les grands patrons européens en ont de plus en plus assez d’une fiscalité qu’ils jugent lourde, voire punitive. Sans faire de bruit, beaucoup envisagent ou opèrent des délocalisations fiscales vers des pays plus cléments comme l’Irlande ou les Pays-Bas. Ce ras-le-bol discret révèle un fossé grandissant entre une Europe attachée à la redistribution et une élite économique mondialisée qui aspire à plus de liberté et de reconnaissance. Le malaise est là, feutré mais réel.

David Beckham s’impose en 2025 comme une icône masculine globale, à la croisée du sport, de la mode et de la culture. Il incarne une masculinité moderne, élégante et sensible, mêlant virilité discrète et émotion assumée. Par son style maîtrisé, sa trajectoire sans scandale et son image universelle, Beckham est devenu bien plus qu’un ex-footballeur : une figure culturelle, rassurante et désirable, dans un monde en quête de repères.

En 2025, la dette européenne incarne les fractures profondes du continent : le Sud se relève difficilement, le Nord reste distant, et les grandes puissances comme la France ou l’Allemagne peinent à jouer leur rôle de piliers. Derrière les chiffres, c’est l’idée même d’une solidarité européenne qui vacille. Certains évoquent le FMI comme arbitre ultime, mais cette perspective souligne surtout l’incapacité de l’Europe à résoudre, seule, ses propres contradictions.

Les Carnets de Spinoza sont des notes personnelles, non publiées de son vivant, où le philosophe développe librement ses idées sur la politique, le désir, la liberté et le pouvoir. Moins démonstratifs que ses traités, ces fragments dévoilent un Spinoza plus intime, plus radical, et d’une modernité saisissante. Une pensée libre, précieuse pour notre époque troublée.

Les femmes possèdent en entreprise un pouvoir souvent méconnu, fondé sur la nuance, l’intuition, l’écoute et le désir de créer plutôt que de dominer. Loin des modèles masculins traditionnels du leadership, ce pouvoir féminin représente une force subtile mais stratégique. Encore trop ignoré, il pourrait pourtant transformer en profondeur le monde des affaires — à condition que les femmes en prennent pleinement conscience.

Face à la crise humanitaire à Gaza, les dirigeants européens font preuve d’un silence diplomatique inquiétant. Par peur de la controverse ou du déséquilibre géopolitique, ils évitent de condamner clairement les violences subies par les civils. Ce manque de courage politique affaiblit la voix morale de l’Europe. Dans cette crise, le silence n’est pas neutre : c’est un choix, et une forme de renoncement.

On ne dit pas tout à son ou sa meilleur(e) ami(e) — et ce n’est pas un manque de sincérité, mais souvent une forme de délicatesse. Si l’amitié profonde repose sur la confiance, elle n’implique pas la transparence totale. Avec le temps, l’amitié adulte devient un pacte silencieux : on choisit ce qu’on dit, ce qu’on protège, et ce qu’on préserve. La confidence, dans ce cadre, n’est pas un devoir mais un don.

Mussolini ou l’art d’enrôler les masses : anatomie d’un consentement fasciste

Par Kevin Ngirimcuti – Le Figaro Histoire & Idées

Il entre dans l’histoire comme un dictateur à la rhétorique musclée, au menton volontiers conquérant, et à la posture de César réinventé pour l’ère industrielle. Benito Mussolini, journaliste devenu Duce, a fasciné, agi, dominé — et, pendant plus de deux décennies, rallié à sa cause une large part du peuple italien, des élites aux classes laborieuses. Comment un homme si ostensiblement autoritaire a-t-il pu séduire, au point d’être acclamé dans les rues de Rome ? La réponse tient autant de la psychologie des foules que de la finesse opportuniste.

Une Italie humiliée, un homme en colère
Nous sommes dans l’après-guerre. L’Italie, bien que du côté des vainqueurs, sort de la Première Guerre mondiale humiliée, appauvrie, et traversée par une crise identitaire profonde. Les promesses territoriales non tenues, l’agitation ouvrière, la peur du bolchévisme, et l’instabilité parlementaire créent un vide. Et comme souvent dans l’histoire, le vide appelle la voix forte.

Mussolini, ancien socialiste devenu nationaliste, comprend très tôt le pouvoir de la colère canalisée. Il propose une synthèse inédite entre nostalgie impériale, promesse de grandeur et ordre social. L’Italie moderne, selon lui, ne renaîtra que dans la discipline, la fierté retrouvée et le rejet du pluralisme parlementaire, qu’il décrit comme une “foire des bavards”.

Une mise en scène permanente du pouvoir
Le génie politique de Mussolini réside dans sa capacité à incarner. Il ne se contente pas de gouverner : il se montre, il se joue lui-même, en militaire, en ouvrier, en intellectuel, en athlète. Le fascisme devient un théâtre, une chorégraphie. Il est l’un des premiers à comprendre l’importance de l’image — bien avant l’ère des réseaux sociaux — et utilise la presse, la radio, le cinéma d’État comme autant de miroirs de sa force supposée.

Cette omniprésence visuelle rassure, hypnotise, donne l’illusion d’un cap. L’Italien moyen, désorienté par la modernité chaotique, se raccroche à cette figure de père autoritaire mais compréhensible. Le fascisme, au fond, offre une simplicité émotionnelle dans un monde devenu illisible.

La fusion du nationalisme et du social
Mais Mussolini ne séduit pas que par l’image. Il comprend que pour convaincre, il faut offrir des gains concrets. Le fascisme promet du travail, une redistribution partielle, une grandeur nationale retrouvée, une lutte contre les “décadences”. Il crée des infrastructures, développe les transports, relance certains pans de l’industrie.

À cela s’ajoute un discours moral et viriliste : le fascisme exalte la famille, la patrie, l’ordre, le sacrifice. Une vision simplifiée mais galvanisante, où l’individu s’efface devant la “communauté nationale”. L’Italie n’a plus à douter : elle doit croire.

Et l’élite ? Elle suit, parfois par opportunisme
Ce ne sont pas seulement les masses qui se rallient au Duce. Une partie de l’élite intellectuelle et économique le soutient aussi, fascinée par cette restauration de l’ordre, cette esthétique de la force. De nombreux écrivains, industriels et ecclésiastiques voient en lui un rempart contre le chaos révolutionnaire ou une revanche contre la démocratie libérale. Ce n’est pas la peur, seulement, qui les guide. C’est parfois l’adhésion raisonnée à un projet autoritaire jugé plus “efficace”.

Conclusion : l’autoritarisme ne triomphe jamais seul

Mussolini n’a pas pris le pouvoir par la terreur dès le premier jour. Il l’a obtenu par un mélange de charisme, de timing historique et de stratégie culturelle. Il a flatté les douleurs d’un peuple blessé, offert des repères clairs dans un monde trouble, et su donner une forme esthétique au pouvoir.

Le fascisme n’est pas né de la brutalité brute, mais d’un désir d’ordre, de sécurité, et même — paradoxalement — de sens. Un avertissement, peut-être, pour toutes les époques qui cherchent dans un seul homme la réponse à une société désorientée.