Vingt jours. C’est le temps qu’aura passé Nicolas Sarkozy à la prison de la Santé avant que la cour d’appel de Paris n’examine ce lundi sa demande de mise en liberté. Vingt jours de sidération politique, de bruissements médiatiques et de discrétion orchestrée par ses proches, tandis que l’ancien président, 70 ans, découvrait le silence des cellules après le vacarme des campagnes.
Condamné à cinq ans de prison ferme pour association de malfaiteurs dans l’affaire du financement libyen de sa campagne présidentielle, Sarkozy est devenu — malgré lui — le symbole d’une République qui juge désormais ses rois. Une image inédite, presque shakespearienne, d’un chef d’État déchu méditant sur la justice des hommes, au cœur même de Paris.
À droite, la gêne se mêle à la fidélité. Les anciens ministres oscillent entre indignation et prudence, redoutant d’être accusés de saper la justice. À gauche, l’affaire divise entre ceux qui y voient une victoire de l’État de droit et ceux qui redoutent une “judiciarisation du politique”.
Mais au-delà de la figure Sarkozy, c’est la France qui se regarde dans ce miroir : celle d’un pouvoir désormais mortel, d’une démocratie où les idoles finissent à la barre. La demande de libération pourrait être accordée dès aujourd’hui, mais la sentence symbolique, elle, restera.
Non pas celle d’un homme condamné, mais celle d’un pays qui hésite encore entre le respect de ses institutions et la nostalgie de ses monarques.
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