Elles sont là, souvent brillantes, parfois discrètes, toujours stratèges. Elles dirigent des réunions, montent des projets, gèrent des crises — mais trop souvent encore, elles s’excusent d’exister dans les sphères du pouvoir. Et si les femmes possédaient, en entreprise, un pouvoir qu’elles ignorent ? Non un pouvoir mimétique, calqué sur les modèles masculins hérités d’un capitalisme conquérant, mais un pouvoir singulier, souterrain, profondément transformateur ?
On a longtemps défini le leadership au masculin : vertical, conquérant, autoritaire. Les femmes qui accédaient à ces sphères étaient priées de s’y conformer, ou d’en sortir. Pourtant, une lente révolution est en cours. Moins spectaculaire que les quotas, moins bruyante que les hashtags, mais tout aussi puissante : celle d’un pouvoir féminin qui s’assume, non pas contre le système, mais à côté, en biais.
Ce pouvoir, c’est d’abord celui de la nuance. Dans un monde saturé d’opinions tranchées et de décisions brutales, les femmes apportent souvent une capacité d’écoute, de médiation, d’ajustement. Ce n’est pas de la tiédeur — c’est de la finesse. Et dans une époque marquée par l’incertitude permanente, cette capacité à penser en complexité devient une compétence stratégique.
C’est aussi un pouvoir d’intuition, cette intelligence sensible que l’on a trop longtemps reléguée au registre de l’irrationnel. Or dans les grandes décisions — humaines, commerciales, créatives —, l’intuition est un atout, pas une faiblesse. De plus en plus de dirigeantes, de fondatrices, de consultantes affirment cette autre manière d’aborder le réel : moins dans la domination que dans la connexion.
Mais le plus grand pouvoir, peut-être, est celui du désir. Car les femmes, dans le business, changent les règles du jeu lorsqu’elles cessent de demander la permission. Lorsqu’elles entreprennent à partir de leurs besoins, de leurs visions, de leurs désirs propres — non pour prouver, mais pour créer. Ce pouvoir-là est redoutable. Parce qu’il est libre.
Alors pourquoi est-il encore ignoré, ou minimisé ? Peut-être parce qu’il dérange un système fondé sur la rareté, la compétition, la norme. Peut-être aussi parce que beaucoup de femmes n’en ont pas encore pris conscience elles-mêmes. Parce qu’on ne leur a pas appris à voir leur sensibilité comme une force, leur diplomatie comme une stratégie, leur manière d’être comme un modèle alternatif — et légitime.
Mais les temps changent. Lentement, mais sûrement. Et dans ce glissement, il ne s’agit pas seulement d’”intégrer les femmes” au monde des affaires, mais bien de refonder ce monde à partir de ce qu’elles y apportent — et qu’elles commencent, enfin, à reconnaître comme un pouvoir
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