Il y a, dans l’atmosphère parisienne de cette rentrée politique, comme un parfum de vertige. La France, lestée par une dette abyssale de 3 304 milliards d’euros, se retrouve à nouveau confrontée à l’équation impossible de ses finances publiques. Après l’élimination du retour à l’ISF — totem pour certains, repoussoir pour d’autres —, la question budgétaire demeure un champ de bataille où l’économie et la symbolique se livrent une lutte acharnée.
La menace est claire : une nouvelle dissolution du gouvernement conduit par François Bayrou, hypothèse désormais chuchotée jusque dans les cafés feutrés de la Rive Gauche, pourrait entraîner une perte sèche de 12 milliards d’euros. Une goutte d’eau, dira-t-on, face à l’océan des déficits. Mais une goutte qui révèle l’incapacité française à tracer une ligne claire entre rigueur et audace.
Faut-il alors « importer » de l’argent — qu’il s’agisse d’investissements étrangers, de capitaux souverains, ou de ce cosmopolitisme financier que certains redoutent autant qu’ils l’espèrent ? Le terme choque, car il suggère une dépendance assumée, presque une soumission, mais il dit aussi une vérité nue : la France, prisonnière de ses rigidités fiscales et de ses postures politiques, pourrait bien avoir besoin d’oxygène extérieur pour ne pas s’asphyxier.
La difficulté, comme souvent, n’est pas tant arithmétique que philosophique. Comment concilier l’idéal républicain d’indépendance avec la réalité d’une mondialisation où les dettes circulent plus vite que les idées ? Comment réformer sans trahir ? Comment attirer des capitaux sans vendre son âme ?
L’urgence budgétaire nous renvoie à une interrogation plus vaste : la France peut-elle encore décider de son destin seule, ou n’est-elle déjà plus qu’un théâtre où se joue la pièce écrite par d’autres.
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