À chaque rentrée scolaire, les esprits se tendent comme les cordes d’un violon. Cartables neufs, cahiers immaculés, ambitions gonflées d’espoirs : tout respire l’élan. Mais derrière cette énergie apparente, la fatigue rôde, discrète et tenace. Alors surgit la question presque subversive, tant elle semble déroger au culte de l’efficacité : la sieste est-elle une chance ou une faiblesse ?
Dans la tradition française, la sieste garde un parfum méridional, héritée des après-midis de Provence ou de Castille, loin des rythmes scolaires standardisés. Mais aujourd’hui, les neurosciences la réhabilitent : vingt minutes de sommeil diurne amélioreraient la concentration, affermiraient la mémoire, adouciraient même l’humeur. Un élève qui s’autoriserait ce court repli gagnerait en disponibilité intellectuelle ce qu’il perdrait en rigueur apparente.
Faut-il, alors, encourager cette pause dans le calendrier scolaire ? Les rigoristes répondront non, voyant là une dérive douce vers l’indiscipline. Les esprits plus ouverts rappelleront que le surmenage, souvent invisible chez l’enfant, fabrique de l’échec plus sûrement que la paresse.
La sieste devient ainsi un symbole : celui d’une pédagogie qui hésite entre l’ancienne culture de l’endurance et l’émergence d’une écoute du corps et de l’esprit. En somme, une petite révolution silencieuse, où fermer les yeux quelques instants ne serait plus un signe de faiblesse, mais l’affirmation discrète d’une force nouvelle.
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