Il n’en finit plus de défier la gravité. Après les voitures électriques, les satellites et les implants cérébraux, Elon Musk lorgne désormais vers une autre conquête tout aussi incertaine : la politique américaine. Le fondateur de SpaceX et patron iconoclaste de X (ex-Twitter) souhaite fédérer une droite républicaine dissidente, anti-Trump, et peser sur les élections de mi-mandat de novembre 2026. Objectif : priver Donald Trump d’une majorité confortable à la Chambre des représentants, voire plus encore.
Dans son viseur, une dizaine de sièges à la Chambre et deux à trois au Sénat — assez pour fragiliser l’emprise du trumpisme sur le Parti républicain sans pour autant provoquer de séisme constitutionnel. C’est une stratégie de grignotage, façon Musk : silencieuse, numérique, ambitieuse.
Mais si la politique est une fusée, la rampe de lancement est semée d’obstacles. « Créer un parti politique est aussi difficile que d’envoyer une fusée en orbite », a récemment déclaré le milliardaire, comme pour mieux souligner le défi titanesque qui l’attend. Aux États-Unis, la démocratie est fédérale jusque dans ses détails les plus obscurs : pour exister électoralement, un parti doit faire valider sa présence dans chaque État. Cela signifie récolter des milliers de signatures, engager des avocats pour affronter les labyrinthes juridiques locaux, et financer des opérations de terrain colossales. Le tout, avec une opinion publique volatile et saturée.
Musk ne l’ignore pas. Mais comme toujours, il s’avance en perturbateur, mi-gourou, mi-tycoon. Ce n’est pas tant un programme qu’il propose, qu’un rejet : celui de Donald Trump, dont il critique le « chaos toxique » et la « perte de crédibilité internationale ». Il ne prône pas un centre mou, mais une droite technocratique, libertarienne, élitiste, parfois darwinienne — l’Amérique de Silicon Valley face à l’Amérique des champs de maïs.
L’idée séduit certains anciens donateurs républicains, lassés des outrances trumpistes, mais elle reste embryonnaire. Car au-delà des structures et des signatures, il faudra convaincre. Et Elon Musk, pour fascinant qu’il soit, reste un personnage polarisant, plus habitué aux clashs numériques qu’aux coalitions électorales.
Le rêve d’un parti muskien survivra-t-il à la rudesse du réel américain ? C’est toute la question. En attendant, l’homme de Mars tente de redessiner la Terre — et peut-être, un peu, l’avenir de la droite.
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