La rengaine est connue, presque usée : « les politiques favorisent les plus riches ». On l’entend au café du commerce comme dans les couloirs universitaires. Mais que recouvre cette idée, devenue slogan commode ?
Il faut d’abord constater une évidence : les politiques fiscales et budgétaires ne se déploient pas dans un vide idéologique, mais dans un système économique globalisé où la fuite des capitaux est aussi redoutée qu’une panne d’électricité en hiver. Ainsi, baisser l’impôt sur la fortune ou alléger les droits de succession n’est jamais seulement une faveur accordée aux nantis : c’est, selon les gouvernants, un geste pour retenir l’investisseur et, avec lui, une parcelle de croissance.
Mais ce calcul rationnel se heurte à une perception sociale implacable. Chaque réforme qui efface un impôt symbolique, chaque niche fiscale maintenue, renforce le soupçon : les élites gouvernent pour les élites. De là naît ce paradoxe français : une société obsédée par l’égalité, mais fascinée par les fortunes qu’elle déteste.
Rendre les riches plus riches ? Peut-être. Mais la vraie question est ailleurs : nos politiques ne savent plus comment rendre la société tout entière moins inégalitaire. Et ce manque de vision globale laisse, dans l’opinion, un goût amer : celui d’un pouvoir qui gère les symptômes mais se refuse à toucher aux causes
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