La Moldavie traverse une nouvelle crise politique. Le procès d’Evghenia Guțul, gouverneure prorusse de Gagaouzie, secoue le pays et met en lumière les fractures entre le pouvoir pro-européen de Chișinău et les forces prorusses locales. Condamnée à 7 ans de prison pour financement illégal, Mme Guțul et ses avocats dénoncent un procès politique orchestré par le gouvernement moldave.
Qui est Evghenia Guțul, la gouverneure de Gagaouzie ?
Élue en 2023 à la tête de cette région autonome turcophone du sud de la Moldavie, Evghenia Guțul est rapidement devenue une figure emblématique du camp prorusse. Son élection a été perçue comme un défi à l’autorité centrale pro-UE, dirigée par la présidente Maia Sandu.
Son procès a débuté en 2024, les procureurs l’accusant d’avoir acheminé des fonds russes pour financer le Parti Șor, aujourd’hui interdit pour corruption et déstabilisation politique.
Un verdict qui divise la Moldavie
Le 5 août 2025, un tribunal de Chișinău a condamné Mme Guțul à sept ans de prison. Pour l’accusation, il s’agit d’une victoire contre la corruption et l’ingérence étrangère.
Mais la défense dénonce un procès biaisé :
- Les avocats accusent les services secrets moldaves d’ingérence dans la procédure.
- Ils parlent d’un « procès spectacle » visant à éliminer une adversaire politique.
- Mme Guțul a annoncé qu’elle fera appel et continuera à se battre pour « la vérité et la liberté de Gagaouzie ».
Les réactions : entre Chișinău, Moscou et Bruxelle
- Le Kremlin a immédiatement condamné la sentence, y voyant une attaque contre l’opposition prorusse.
- Les autorités moldaves défendent la décision, affirmant que la justice reste indépendante.
- L’Union européenne observe avec prudence, alors que le pays espère ouvrir des négociations d’adhésion.
Ce procès intervient à un moment crucial : les élections législatives du 28 septembre 2025 pourraient redéfinir l’équilibre des forces entre pro-UE et prorusses.
Un signal inquiétant pour l’opposition moldave ?
Pour beaucoup, l’affaire Guțul dépasse le cadre judiciaire. Elle envoie un signal d’alerte : toute critique du gouvernement ou rapprochement avec Moscou pourrait désormais entraîner des sanctions lourdes.
Mme Guțul elle-même a prévenu :
« Aujourd’hui je suis derrière les barreaux, demain ce sera peut-être quiconque osera critiquer le pouvoir. »
Conclusion : justice ou instrument politique ?
Le procès Evghenia Guțul illustre la fragilité démocratique de la Moldavie, partagée entre aspirations européennes et influences russes. Qu’il s’agisse d’une réelle lutte contre la corruption ou d’un procès politique destiné à museler l’opposition, ce verdict restera un tournant majeur dans l’histoire récente du pays.
À l’approche des élections, la question demeure : la Moldavie saura-t-elle renforcer sa démocratie sans basculer dans une justice politisée ?
Avez-vous trouvé cet article instructif ? Abonnez-vous à la newsletter de notre média EurasiaFocus pour ne rien manquer et recevoir des informations exclusives réservées à nos abonnés : https://bit.ly/3HPHzN6
Did you find this article insightful? Subscribe to the EurasiaFocus newsletter so you never miss out and get access to exclusive insights reserved for our subscribers: https://bit.ly/3HPHzN6