Les pelouses sacrées de Wimbledon ont, cette année encore, rendu leur verdict avec la solennité d’un vieux théâtre élisabéthain : les rideaux se sont refermés sur une quinzaine somptueuse, marquée par la grâce retrouvée du tennis classique et la fougue d’une génération en pleine affirmation.
Au centre du tableau masculin, Jannik Sinner, l’Italien au jeu d’orfèvre et au calme glacial, s’est imposé en quatre sets (4-6, 6-4, 6-4, 6-4) face à Carlos Alcaraz, tenant du titre et incarnation spectaculaire d’un tennis ibérique incandescent. Ce n’est pas tant une victoire qu’un couronnement : Sinner n’a jamais paniqué, même après la perte du premier set. Il a simplement élevé son niveau, imposé sa cadence, dicté son tempo. Une partition jouée avec la rigueur d’un pianiste milanais formé au métronome et au silence.
Cette victoire n’est pas seulement la première pour Sinner à Wimbledon, elle scelle son passage dans une autre dimension : celle des hommes de surface, capables de régner en souplesse sur l’herbe et de contenir la tornade Alcaraz sans jamais trembler. Un champion est né, ou plutôt : un champion a mûri sous nos yeux, sans fracas, mais avec la précision d’un horloger.
Du côté des dames, la force tranquille de Swiatek
Chez les femmes, la surprise n’est pas moindre : Iga Świątek, longtemps reine de terre battue, a conquis son premier Wimbledon, prouvant que son jeu n’était pas prisonnier de Roland-Garros. La Polonaise, intense et méthodique, a résisté aux pièges d’un tableau féminin particulièrement imprévisible, où les têtes de série ont souvent chuté face à de jeunes talents insolents.
Świątek, toujours impeccable dans son engagement mental, a cette fois trouvé sur gazon une forme de fluidité nouvelle, moins fondée sur la puissance que sur l’anticipation et l’intelligence de jeu. Elle a arraché son titre comme on conquiert une terre longtemps étrangère, avec la patience d’une exilée enfin rentrée chez elle.
Une quinzaine anglaise à la hauteur de sa légende
Il y avait de la pluie, du vent, des revers slicés à l’infini, et cette fameuse crème à la fraise, dégustée avec autant de dévotion que les demi-volées sur gazon. Wimbledon a servi cette année un cocktail d’émotions que seuls les lieux chargés d’histoire savent offrir.
Chez les hommes comme chez les femmes, les surprises ont abondé — chutes précoces, montées fulgurantes, matches au couteau. Mais au bout du compte, ce sont deux joueurs patients, intelligents, tactiquement souverains, qui ont levé les bras. Dans un monde du sport de plus en plus asphyxié par la vitesse et la surenchère, Sinner et Swiatek ont rappelé que la maîtrise, la constance et le silence intérieur demeurent des vertus cardinales.
Wimbledon 2025 ne couronne pas seulement des champions. Il célèbre une certaine idée du tennis. Celle où la beauté n’est jamais bruyante, et où la victoire est d’abord une affaire d’âme.
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